Recommandation de la CNIL sur les pixels de suivi

Linkea
Linkea
Avocats, Conseils en réseaux
02/11/2026

L’utilisation des pixels de suivi, outils permettant aux entreprises de tracer les courriels envoyés notamment à leurs clients/prospect, a fait l’objet d’une recommandation par la CNIL. Son utilisation est strictement encadrée : les entreprises doivent mettre à jour leur process et documentation conformément à la recommandation.

 

Les pixels de suivi sont de petites images invisibles intégrées dans les courriels. L’inclusion de ces pixels de suivi dans les courriels constitue une instruction donnée au terminal de l’utilisateur de renvoyer des informations ciblées (identifiant du pixel, adresse IP, etc.) aux acteurs qui les déposent.

 

Ces outils techniques, largement répandus, permettent de savoir si un message a été ouvert, à quel moment et depuis quel type d’appareil. Les usages sont variés : mesurer le taux d’ouverture d’une campagne commerciale, identifier les destinataires inactifs, adapter la fréquence des envois ou personnaliser le contenu d’une communication. Ils peuvent également contribuer à la création d’un profil fondé sur les préférences et les centres d’intérêt manifestés par le destinataire du pixel.

 

Dans sa recommandation adoptée le 12 mars 2026, la CNIL rappelle que l’utilisation de ces pixels relève de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés – selon le même fonctionnement que les cookies.

Le consentement préalable du destinataire est en principe nécessaire. Il doit être libre, spécifique, éclairé et résulter d’une action positive claire. Une simple information n’est pas suffisante.

Le consentement est notamment requis lorsque les pixels servent à mesurer les performances d’une campagne, personnaliser les messages, adapter la fréquence d’envoi, créer des profils ou détecter des comportements suspects (lutte contre la fraude).

Le consentement devrait être recueilli au moment de la collecte de l’adresse électronique ou, à défaut, au moyen d’un courriel ne contenant pas lui-même de pixel soumis au consentement.

Le consentement doit résulter d’un acte positif. Le silence, l’absence de réponse ou la simple ouverture du courriel ne peuvent être interprétés comme une acceptation.

Certaines exemptions sont toutefois admises. Elles concernent par exemple l’utilisation exclusive des pixels afin de sécuriser l’authentification de l’utilisateur ou pour mesurer la délivrabilité d’un courriel, afin d’identifier les destinataires inactifs et de limiter les envois (le nettoyage des bases). Cette dernière exemption est néanmoins strictement encadrée par la CNIL.

La CNIL recommande par ailleurs – que le consentement soit nécessaire ou non à l’utilisation du pixel – une information transparente sur les finalités poursuivies et les données concernées. Il est recommandé de présenter chaque finalité sous la forme d’un intitulé court accompagné d’une explication synthétique, avec un lien vers une politique de confidentialité plus détaillée par exemple.

Le retrait du consentement doit être possible à tout moment et être aussi simple que le recueil du consentement. La CNIL recommande notamment de prévoir un lien permettant de retirer son consentement au sein de chaque courriel.

Les choix exprimés par les personnes concernées doivent également pouvoir être conservés et leur preuve apportée de manière individualisée.

Afin de se mettre en conformité, l’entreprise doit par ailleurs identifier les pixels utilisés, les données collectées, les prestataires impliqués et mettre à jour l’ensemble de sa documentation (politique de confidentialité, registre des traitements, annexe de sous-traitance, etc.).

Le cabinet LINKEA accompagne ses clients dans leur mise en conformité RGPD. N’hésitez pas à nous contacter !

Linkea
Linkea
Avocats, Conseils en réseaux
02/11/2026